Journée Internationale des Droits de l’Enfant

Paroles de mineurs/ASMIE: IMG_0215 2

C’est la journée Internationale des Droits de l’Enfant mardi 20 novembre.
On est des enfants nous aussi.

-Pourquoi, dès notre arrivée en France, lors de notre évaluation obligatoire, on nous traite de menteurs ?

-Pourquoi nos extraits de naissances ne sont pas suffisants pour être mis à l’abri ?

-Pourquoi on nous laisse à la rue ?

-Pourquoi, après tant de problèmes et de douleur pour arriver jusqu’à vous on ne prend pas en compte notre souffrance ?

-Pourquoi vous nous maltraitez ?

-Pourquoi avez vous peur de nous ?
est-ce parce qu’on a survécu au désert, à la prison, à la mer, aux passeurs ?

-Pourquoi on refuse de nous soigner quand on est malade ?

-Pourquoi on ne nous explique rien ? attendre, attendre, attendre… !
On ne dort pas, on a peur, on repense à la Lybie, aux morts…

-Pourquoi on nous laisse à la rue jusqu’à ce qu’on devienne fous ?

-Pourquoi je n’ai pas de tickets de métro pour aller voir le juge ?
Pourquoi je dois toujours avoir peur des contrôleurs et de la police ?

-Pourquoi alors qu’on a le droit à un avocat, le tribunal refuse parfois de nous en donner un-Pourquoi vous ne voulez pas de nous ?

–Pourquoi, si l’Aide Sociale à l’Enfance ne nous prend pas tout de suite en charge, l’Académie de Paris –entre-autre, refuse de nous scolariser en attendant pendant des mois la décision des juges ? Au final on nous répondra qu’il n’y a plus de places pour être affectés cette année et on aura perdu un an…

Finalement, après des mois d’errance je suis pris en charge.
De « menteur », je passe à « mineur non accompagné ».

-Pourquoi on ne me donne pas mes droits ?

-Pourquoi les éducateurs nous mettent toujours à l’hôtel ? Pourquoi je ne peux être en foyer, avec des gens qui me protègent ? Pourquoi je suis toujours seul à l’hôtel ? dans des hôtels sales, avec des gérants malveillants, sans chauffage …
-Pourquoi toujours sans rien faire ?

-Pourquoi, après des mois d’attente et de stress on ne me met toujours pas à l’école ?

– Pourquoi des éducateurs ne connaissent rien à ma culture et mon continent ?

-Pourquoi on attend très, très longtemps des rendez-vous qui parfois n’arrivent jamais ?
on m’appelle au dernier moment : »viens vite chercher l’argent pour manger !», tu arrives, ça fait plusieurs jours que tu n’as plus de quoi t’acheter à manger, l’éducateur ne t’avait pas donné tout pour le mois entier, et là en fait l’éducateur n’est pas là, il faut revenir…

-Pourquoi je ne peux toujours pas manger à ma faim ?

-Pourquoi je n’ai pas toujours de titre de transport, pour pouvoir effectuer mes démarches sans avoir peur des contrôles ?

-Pourquoi personne ne s’occupe de moi, ne m’apprend les codes de votre société, ne m’aide à m’insérer et à construire mon avenir, ne me laisse la chance de devenir vraiment autonome ?

-Pourquoi on me refuse un avenir professionnel ?

-Pourquoi attendre ma majorité seul à l’hôtel pour ensuite faire de moi un « sans papiers » qui va retourner errer dans les rues ?

-Pourquoi je vois la vie en France comme pleins de rêves non réalisables ?

C’est la Journée Internationale des Droits de l’Enfant mardi 20 Novembre .
On est des enfants nous aussi !
C’est quoi nos Droits ?
On nous protège de quoi ?

Les jeunes de l’ASMIE
asmieblog.wordpress.com
FB : association de solidarité avec les mineurs isolés étrangers
Youtube : ASMIE TV

Merci à Sekou, Alseny, Halimatou, Mohamed,Mamadou, Mory, Wally, Diango, Abdrahmane, Fissenou, Hamed, Mamadou B., Yacouba, Lamba,Lili et Mamadou S. pour avoir participé à l’écriture de ce tract.
Merci à Yves de nous avoir laissé le lire dans son émission de radio sur FPP en direct ce soir 🙂

Mardi 20 novembre on distribue ce texte/tract dans Paris, on passe dans une annexe de La Sorbonne pour montrer notre projet photos/textes aux étudiants, échanger, se rencontrer…
Et ils nous organisent une collecte de tout un tas de choses dont nous avons besoin:)
les droits de l’enfant sont bafoués, l’accueil inconditionnel c’est la rue, mais nous passerons malgré tout une bonne journée!
On garde espoir!

Publicités

On vous attend le 27 octobre 2018 (samedi) à la Cité de l’Immigration, Porte Dorée!!!!!!


Bonjour,

Dans le cadre du projet WELCOME, organisé par le Palais de la Porte Dorée, l’ASMIE, vous attend le samedi 27 Octobre prochain à la Cité de l’Immigration.

De 15 à 18h les jeunes vont prendre la parole pour se présenter et lire de courts textes qu’ils ont écrit pour l’occasion.
Vous pourrez également voir leur projet photo/ texte défiler en diaporama et écouter la première étape de leur projet CD (qui sera finalisé en mai 2019 avec la Gaité Lyrique comme partenaire) : une bande-son de poèmes et chansons collectives sera en écoute en boucle tout au long de l’après-midi.

Venez nous rencontrer, échanger, boire un verre 🙂

Palais de la Porte Dorée
Musée National de l’Histoire de l’Immigration
293 avenue Daumesnil
75012 Paris

Métro Porte Dorée, ligne 8, sortie 1

On compte sur vous 🙂
… et comme toujours, parlez-en à vos amis!

Ah oui, on avait oublié de vous dire:
cet été, on a chanté avec HK lors d’un cercle de silence (merci à Claude pour nous avoir mis en contact!!!), et on le retrouve vendredi pour répéter avant de venir vous voir! 😉
Un grand merci à lui 🙂

FB: association de solidarité avec les mineurs isoles étrangers
Youtube: ASMIE TV

Nouvelle présentation de l’ASMIE par les jeunes / 2018

Nous venons tous de différents pays d’Afrique, regroupés au sein de l’association
ASMIE ( association de solidarité avec les mineurs isolés étrangers).

Cette association existe pour nous et par nous, sous la bienveillance de Nathalie.
A travers l’ASMIE, nous arrivons à nous diriger, à rencontrer d’autres jeunes, et plus important à nous intégrer culturellement et à échanger autour de notre culture aussi.

Nous avons tout un tas de partenaires, , des visites, ateliers et des spectacles avec l’Opéra de Paris, terminé un atelier de Stop Motion à la Gaité Lyrique, une exposition/atelier avec le Musée des Arts et Métiers, et des cours et ateliers quotidiens (du français, des mathématiques, de l’informatique, du théâtre, de l’art plastique, des ateliers d’écriture, de la cuisine, à la Petite Rockette et à la Maison des associations du 3ème).

Juridiquement, nous sommes tous aidés par des permanencières de l’ADJIE en cas de problème, pour trouver un avocat et avoir un rendez-vous avec le juge, pour faire des demandes de contrat jeune majeur…

Nous sommes au champs social de différentes structures et Musées, apprenons les Lois et nos Droits, savons où aller nous faire soigner ( même si ça devient de plus en plus compliqué…), où manger, un réseau de personnes nous apportent des vêtements, des chaussures, des ordinateurs ( en plus de tout ce que nous donne la Petite Rockette), etc…

Nous avons tissé des liens avec des personnes bienveillantes, qui nous invitent à Bercy voir du sport, à des concerts, des professionnels qui viennent nous rencontrer et faire avec nous, des lieux alternatifs et associatifs nous organisent des soirées de soutien… bref, tout un tas de chose pour essayer d’assurer notre prise en charge.

Mais tout ça ne peut remplacer l’école et une formation professionnelle, en espérant obtenir des papiers une fois majeur…

Nous demeurons au sein de l’ASMIE et en assurons son animation et prenons toutes les décisions en se concertant.
Et nous sommes très contents de pouvoir être mis en avant et d’exister à travers elle.
Nous avons des activités tous les jours et plusieurs projets en cours qui visent toujours à parler de notre situation ( photos, écriture de poèmes et chansons, chaîne Youtube – on fait des interviews dans la rue, etc…, un blog, une page facebook, etc…).

L’ouverture d’esprit reste notre priorité, nous allons aussi bien voir le Réquiem de Mozart revisité par Bartabas que des concerts de Punk ☺)))

IMG_0215 2

Cet été, nous avons vu des spectacles , du théâtre, des marionnettes ( festival), du théâtre d’objet, du théâtre de rue, rencontrés des compagnies, des artistes, musiciens, vu de la danse contemporaine, des expositions…On s’est baigné dans des lacs, on a fait du vélo, loin, le long du canal ; du bateau, on a été faire la fête dans le parc de la Bergère, on a testé la tyrolienne de Paris –Plage, on a été revoir la Tour Eiffel, pleins de pique-niques ont eu lieu, des parties de foot et des jeux de plein air, on a fait du roller pour la 1ére fois pour la majorité d’entre-nous, on a participé à un atelier danse avec Daniel, etc…

Alors, un grand merci à ceux qui ont permis qu’on puisse faire toutes ces activités , merci à Johan Le Guillerm pour ses morceaux de bois qui nous donnent du fil à retordre ☺ ☺ ☺
Merci à Sarah et Simon pour les invitations et rencontres !!!!!!

Début septembre, on recommence les cours et ateliers, et nous serons présents au Forum des Associations du 3ème.
Le partenariat avec Nathalie G. et l’Opéra reprend, avec pleins de nouveautés, de nouveaux cours, nouvelles activités, un nouveau projet théâtre, l’enregistrement de nos textes et la diffusion du projet, etc…
Nous préparons un événement très important pour nous en octobre avec un musée… On vous en reparlera bientôt ☺

Alors, bonne rentrée à tous et à très bientôt ☺ ☺ ☺ ☺ 😉 😉

Ah oui : on relance la chaîne Youtube ( ASMIE TV), avec des nouvelles vidéos mises en ligne tous les samedis.
ABONNEZ-VOUS pour soutenir l’ASMIE ☺ ☺ ☺ ☺ ☺

Autre chose :

Jusqu’à présent, on n’a jamais rien dit, et on ne le fera qu’une fois : pas de temps à perdre avec ces histoires, mais…A ceux qui se sont inscrit sur le blog pour essayer de piquer nos idées, ateliers ou partenariats : Quelle tristesse !
En plus, vos noms apparaissent lors de l’inscription, et les partenaires nous appellent… !
Et à celui ou ceux qui ont créés un compte Twiter en notre nom : l’ASMIE n’a pas de Twitter, si vous voyez ça quelque part ce n’est pas nous !
Idem pour celui qui se fait passer pour un membre de l’ASMIE et qui va voir des éducateurs dans les bureaux de l’ASE en donnant nos horaires de cours partout et n’importe comment : nous avons une ligne directrice, l’ASMIE c’est tout un projet, pas juste des cours donnés à droite et à gauche…
Bref, un petit nombre de gens mettent une énergie dingue à essayer de nous mettre des bâtons dans les roues, sans succès, et par là même nous confortent dans l’idée que certaines personnes veulent se servir des jeunes et de leurs problématiques à des fins personnelles et lucratives. C’est assez laid, pas très étonnant, et on continuera à le dire haut et fort !
L’ASMIE continue, n’en déplaise à certains, avec peu de moyens, beaucoup d’amis et surtout une tonne d’idées !!!! !

Comment la Mairie de Paris fabrique des personnes sans domicile.

Comment la Mairie de Paris fabrique des SDF

dans les rues de Paris pas seulement par grand froid ?

Chaque jour, le DEMIE (Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers) met à la rue des jeunes étrangers mineurs et justes majeurs (18 ans) sans autorité parentale sur le territoire français. Ce dispositif agit sous la responsabilité de Mme Versini et de la Direction de l’Action sociale, de l’enfance et de la santé de Paris (DASES)

80% d’entre eux sont ainsi arbitrairement rejetés en tant que mineurs

  • soit directement par le DEMIE sans entretien et sans notification
  • soit par la DASES à la suite d’un entretien selon des motifs incongrus, sur la base de l’interprétation du récit du jeune ne reposant sur aucune base sérieuse et légale et malgré des documents d’état civil que la plupart détiennent.

Ces jeunes sont privés de leurs droits à une protection particulière définie par la Convention Internationale Des Droits de l’Enfant (CIDE) ratifiée par la France.

Le Défenseur Des Droits rappelle les départements à leur obligation dans son rapport du 20/11/2017 « …  D’une manière générale, chaque jeune en demande de prise en charge, se disant mineur et isolé doit automatiquement faire l’objet d’une mise à l’abri par les services mandatés à cet effet... «

Faisant fi de ses recommandations et du droit, la Mairie de Paris se dérobe à ses obligations de protection envers ces jeunes (hébergement, scolarité, suivi social et sanitaire). Se faisant, elle laisse ainsi libre cours à des initiatives individuelles /et ou associatives pour tenter de trouver un pis allé à ces jeunes.

Ces initiatives si louables et solidaires soient-elles venant de citoyens dépités de tant d’indifférence, ne peuvent remplacer les institutions publiques qui régissent notre Etat. Nous en constatons chaque jour les limites s’agissant de l’hébergement, la scolarisation, la santé et les mises en dangers qu’elles suscitent.

Comment est- il possible que Paris ville ô combien riche délaisse les populations les plus pauvres et leurs droits à une dignité, à un avenir ?

Pire, comment la Mairie de Paris peut-elle continuer à nier les mineurs et leur nombre à la rue , alors même qu’ils sont rejetés par le dispositif qu’elle contrôle : le DEMIE et la DASES.

Ce n’est pas faute d’alerter depuis de nombreuses années le Cabinet de Madame Versini, les élus de la capitale, sur la situation de tout jeune mineur en situation de vie d’errance à la rue, donc sans hébergement, sans suivi éducatif, sans aide alimentaire et sanitaire, comme le font le collectif associatif de l’ADJIE (Accompagnement et Défense des Jeunes Isolés Etrangers), l’ASMIE (Association de Solidarité avec les Mineurs Isolés Etrangers) et tant d’autres.

 

Votre opération (la nuit de la solidarité) n’est pas, vous le dites vous-même, destinée à remédier à cette situation scandaleuse, non«  Cette opération ne correspond pas à une véritable intervention sociale mais à une « photographie », à un instant donné, du nombre de personnes en situation de grande précarité dans Paris intramuros. »

Pour ces jeunes, comme pour tous les SDF de tout âge, pas besoin de Nuit de la solidarité pour que la Mairie de Paris connaisse leur nombre, leur profil et donc leurs attentes et leurs droits.

ASSEZ DE MOTS VIDES DE SENS ET DE REALITE

!!!DES FAITS POUR LES MINEURS ISOLES ET TOUTE PERSONNE SDF !!!

 

Des Permanencières ADJIE, ASMIE

Depuis Noël…

Alors depuis les vacances de noël, en plus de nos ateliers quotidiens, nous avons été à la Villette, on à vu l’expo William Forsythe et Ryoji Ikeda, on a été à l’Opéra voir « Play » et les répétitions de Don Quichotte, on à mangé au 3ème café pour Noël et eu des cadeaux, Sonia P. nous a invité à nouveau à Bercy pour voir du volley et du Hockey sur glace en loge VIP:)))
Les jeunes ont été parler de leur situation à La Sorbonne,ils ont été voir une exposition collective d’artistes contemporains qu’ils ont rencontré et interviewés à Belleville (extraordinaires objets de l’ordinaire à la Villa Belleville).
Nous avons été au cinéma plusieurs fois, on a visité le Musée Rodin, la Tour Eiffel avec les nouveaux, on a répété notre chorégraphie, etc…
A côté de ça, on a terminé un projet avec le Musée des Arts et Métiers ( merci Véronique et Jean:) ), on continue le projet de film en stop motion avec la Gaité Lyrique d’après un poème d’Abdoulaye ( merci à Laura, Damien, Irène et toute l’équipe et un grand merci à Chloé Mazlo pour son aide précieuse!) , on se remet à l’écriture de poèmes et chansons avec l’aide de Pascal Bouaziz…
avec Gaspard, tous les jeudis on apprend à se servir des ordinateurs que la Petite Rockette nous répare et on continue le projet photos.
Le 20 janvier dernier, une soirée de soutien à l’ASMIE a été organisé par l’asso Cronos, la Petite Rockette, La gare XP et la Petite Maison.
L’Opus 2 a lieu samedi 24 février à la Parole Errante à Montreuil.
Toutes les infos sont sur le Facebook de l’ASMIE et celui de Cronos 🙂
Nous avons un workshop de Hip-Hop qui démarre pendant les vacances de février ( 2 fois 3 jours), avec les jeunes et Bouba Colorz, en partenariat avec la Fondation Agnès B :)))
un grand merci à Bouba, Eléonore et Sébastien de la part de tous les jeunes !!!
Nous allons aussi voir l’expo de Malik Sidibé à la Fondation Cartier, on retourne au centre Pompidou, on a de nouvelles propositions à l’Opéra avec Nathalie Guilbaud, Julie à des places de ciné , des concerts sont prévus… Bref, les vacances de février s’annoncent plutôt bien remplies:)
On vous joint aussi un texte écrit avec l’ADJIE et envoyé et distribué un peu partout concernant la Nuit de la Solidarité organisée par la mairie de Paris et le grand bluff que cela représente…

La lutte continue…

 

 

 

 

image2

Bouba Colorz

image1

Bouba Colorz

 

Collecte de Vêtements en partenariat avec l’association You Are à La Sorbonne le 8 décembre prochain et résumé de ce qu’est l’ASMIE, ce qu’on y fait, etc…

De 14 à 18h venez apporter les vêtements chauds que vous ne portez plus!

pour en savoir plus : allez donc jeter un oeil sur la page Facebook de You Are 🙂

Afin d’expliquer l’ASMIE à ceux qui auront envie de donner, nous avons fait un texte récapitulatif de ce qu’est l’association et pourquoi elle existe, merci à vous de le lire aussi :

Le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant est adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Cette convention est signée et ratifiée par la France, mais en 2017 elle semble en réalité ignorée pour les Mineurs Isolés Etrangers Partout en France, des Conseils Départementaux auxquels la loi confie la protection de l’ensemble des mineur.e.s en danger (enfants âgés de moins de 18 ans), expriment, clairement ou non, leur réticence à prendre en charge les jeunes isolés étrangers qu’ils soient mineurs ou tout juste majeurs.
À Paris, la situation est tout aussi catastrophique. Des centaines de mineurs, au prétexte de doutes sur leur minorité, sont chaque année rejetés à la rue, parfois même sans avoir été reçus en entretien par le Demie (Dispositif d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers).
À la merci de tous les dangers, ils courent aussi le risque d’abonder les trafics humains que nul ne peut ignorer.
Pour nombre de ces jeunes: pas de visibilité, pas d’accès aux soins, pas d’accès à l’aide sociale à l’enfance, pas à manger, pas de toit, pas d’école et donc pas d’avenir…pas non plus de possibilité de rencontrer d’autres jeunes ici et de sortir de leur isolement.
Cette politique de rupture avec la CIDE et en violation de nombreuses dispositions des lois françaises, les exclue d’un droit protecteur à la santé, aux services sociaux, à l’école publique. Ils sont ainsi exposés à l’errance, aux conditions indignes de survie à la rue, et à ses dangers sanitaires, psychologiques, physiques et sociaux.
Le choix de les disséminer régulièrement en grande banlieue à la faveur d’évacuations ou de les envoyer croupir en province sans formation quand ils sont pris en charge, en payant des hôtels sordides dans l’attente de leur majorité, ne peut masquer la réalité. C’est indigne de notre pays, indigne de Paris.

Forte de ce constat, l’ASMIE , association de solidarité avec les mineurs isolés étrangers, existe officiellement depuis le mois d’Août 2016.

l’ASMIE ( solidarité mineurs isolés) existe officiellement depuis le mois d’Août 2016.

Aujourd’hui, ce sont 8 bénévoles et un noyau d’une soixantaine de jeunes qui ont entre 14 et 18 ans.
En l’espace de même pas un an et demi, nous avons partagé le quotidien de plus de 150 jeunes dont nous avons toujours des nouvelles, où qu’ils soient et quelle que soit leur situation actuelle.
Les jeunes sont tous adhérents à l’association, qui est faite par eux et pour eux.
Toutes les décisions prises le sont en totale concertation entre tous les adhérents, le président est un jeune fraîchement devenu majeur et deux permanencières de l’ADJIE font partie du bureau.

les bénévoles sont tous des professionnels ( un professeur de français à la retraite, une éducatrice , un dramaturge, une plasticienne) ou sont des étudiants qui ont déjà été bénévoles dans différentes structures associatives.

La Fondation de France nous aide cette année au montage financier de trois de nos projets ( photo, cuisine, atelier intergénérationnel).

Nous proposons différents cours et ateliers tous les jours dans quatre lieux qui nous accueillent à l’année ( la Petite Rockette, la Ressourcerie de Belleville, la Maison des associations du 3ème et la Gaité lyrique ).
Nous menons des ateliers de théâtre, d’art plastique, de cuisine, des cours de français, de mathématique et d’informatique, de culture générale, un projet photos/écriture sur le parcours universel d’un jeune mineur arrivé à Paris, un projet intergénérationnel mêlant écriture et art plastique mené avec des retraités, des collégiens et des jeunes de l’association sur le thème de l’Identité-la Mémoire- et l’Autre, un accès à des ordinateurs, etc…
Nous passons avec les jeunes dans les établissements scolaires interéssé pour organiser des débats et des échanges entre jeunes d’ici et jeunes mineurs isolés, pour favoriser la rencontre, les questions ( de part et d’autre), l’échange et la solidarité.
La prochaine rencontre aura lieu en décembre dans un amphithéâtre de La Sorbonne , pour parler de le situation aux étudiants avec l’aide de l’association Sorbonne Solidaire.
d’autres projets sont en train de naître, toujours en fonction des demandes effectuées par les jeunes.
Nous organisons également des sorties à travers Paris pour mieux connaître la ville et ses quartiers, des pique-niques qui sont l’occasion d’aller dans le bois de vincennes ou le long des quais avec une carte de la ville en main pour trouver les monuments, se repérer, savoir se rendre partout en métro, etc…
Les jeunes sont régulièrement tenus informés des lois, de leurs droits, du parcours juridique auquel ils vont avoir à faire, de la bataille à mener pour la scolarité… Nous avons participé à de nombreuses manifestations…
En organisant des soirées de soutien qui permettent de récolter des fonds, les jeunes sont partie prenante de la lutte qu’ils doivent mener en groupe, unis .
L’argent récolté sert à payer les papiers demandés par les juges pour justifier de leur minorité ( une demande de passeport auprès des ambassades coûte environ 130€…), pouvoir acheter des cartes de téléphone, se faire envoyer des documents quand c’est possible, etc…

Ensemble, nous avons créés tout un réseau qui nous permet de bénéficier de nombreuses invitations ( spectacles, concerts, Visites de lieux culturels, Opéra…).
Nous sommes également au champ social de la Villette et du centre Pompidou.
l’ASMIE est en partenariat avec la Gaité lyrique entre autre concernant un atelier Stop Motion à l’année pour créer un film d’animation autour d’un texte écrit par un jeune de l’association, Nathalie Guilbaud de l’Opéra de Paris nous propose des invitations à des opéras et ballet tout au long de la saison 2017/2018 ainsi qu’un atelier d’écriture autour de Don Quichotte avec Sophie Ducet , les jeunes vont aller voir des répétitions, ont déjà visités Garnier et l’Opéra bastille, vu les ateliers de décor de sculptures, etc…
Un concert et une soirée poésie ont pu voir le jour grâce au Collectif des Liens Paris , suite à des ateliers menés à la MDA du 3ème avec les jeunes.
la Petite Rockette , en plus de nous accueillir pour l’atelier cuisine et les cours de français , d’informatique et de maths, habille tous les jeunes et nous fournit chaussures, fournitures scolaires, livres, téléphones, etc…
Nous allons également organiser des collectes à la faculté de La Sorbonne dès le mois prochain.
l’Atelier 13/16 du centre Pompidou à Paris accueille très régulièrement les jeunes et leur propose différentes activités artistiques et visites d’expositions en plus des rencontres avec des professionnels .
Les jeunes sont en train de répéter une chorégraphie qu’ils ont inventés qui sera bientôt filmée, ils ont monté leur chaine youtube et interviewent tout un tas de gens ( ASMIE TV), et la page Facebook comme le blog sont tenues à jour régulièrement avec photos à l’appui.

Nous avons un lien précieux avec l’ADJIE où tous les jeunes de l’association sont suivis et où nous allons tous les samedis lors de la permanence juridique, et sommes également en contact avec leur permanence scolarité.
Nous avons aussi des liens avec des assistantes sociales dans les pass hospitalières pour que les jeunes puissent être soignés.
des éducateurs nous envoient de plus en plus des jeunes, pris en charge par l’ASE à qui ils n’ont rien à proposer et nous sommes en contact avec des travailleurs sociaux.
Des avocates nous envoient aussi des jeunes, quand ces jeunes sont à la rue , rejetés par les juges…
la GareXP , l’association Cronos et la Petite Rockette ( la Troquette) nous ont aidés en organisant des soirées de soutien, feu le Stendhal Parmentier nous à accueilli toute l’année dernière( la journée internationale des droits de l’enfant 2016 s’est déroulée chez eux) , la Maison des associations du 3eme nous permet d’organiser des rencontres et de mener nos ateliers d’écriture, de théâtre et d’art plastique et le 3eme café (restaurant associatif) donne régulièrement à manger aux jeunes de l’association qui sont à la rue.

Les ateliers et les cours visent à permettre à ces jeunes d’intégrer l’école en parallèle de leur parcours juridique pour être accepté en tant que mineurs … malheureusement l’école, comme la formation en générale devient de plus en plus inaccessible , même pour ceux pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance…
Ces rencontres quotidiennes sont aussi une aide à l’insertion dans la société française et à sa compréhension, une ouverture d’esprit qu’ils acquièrent et qui brise les préjugés ( et c’est aussi valable pour le public extérieur qui participe avec eux à des ateliers), servent à rompre l’isolement dont ils sont victimes de part leur situation, et génèrent une base culturelle qui leur permet de s’évader, de comprendre le monde occidental, d’échanger sur leur culture et leur problématiques, d’apprendre leurs droits, et d’aller vers l’autonomie ( savoir cuisiner, mais aussi lire et écrire, parler en public, connaître l’histoire de l’art, etc…) et la liberté (de choix, de parole, etc…).
Se reconstruire, retrouver l’image de soi, se sentir fier de ce que l’on est et sortir de l’image d’invisible ou de menteur qu’on leur colle dès la phase d’évaluation obligatoire à l’arrivée en France.
L’échange nous permet aussi à nous, bénévoles, de comprendre mieux la situation politique et géopolitique de leurs pays .
Ces rencontres/ateliers sont aussi l’occasion de permettre à ces jeunes de se poser, de pouvoir parler de leur parcours et de pouvoir être orientés au mieux vers des professionnels de santé –physique et morale.
Enfin, ces ateliers/projets leurs permettent d’être considéré comme existant et acteur de leur propre vie.

Tout ce que nous faisons ensemble au sein de l’ASMIE vise à redonner confiance en eux et en un potentiel avenir à ces enfants , constamment niés et rabaissés depuis leur arrivée en Europe, et laissés livrés à eux même sans aucunes explications concernant les codes, les us et les règles de nos sociétés dites modernes.
et sans aucunes idées de leurs droits et de ce qui va se passer demain…
ces jeunes sont en demande d’apprendre , ont traversé le pire pour arriver jusqu’à nous pensant alors avoir accès à un avenir, et lorsque l’on constate que de nombreuses classes d’accueil ne sont pas remplies et que des lycées d’apprentissages professionnels ont également des classes à moitié vides, nous sommes en droit de nous poser des questions (pour les 20% de jeunes pris en charge par l’ASE)…
De plus, nos enfants, éduqués dans une société individualiste et de sur-consommation et qui partagent le Futur avec tous ces jeunes , ont beaucoup à apprendre d’eux.

Après-midi de rencontre(s), Lectures et musique avec les jeunes de l’ASMIE le dimanche 19 novembre 2017 à Petit Bain de 15 à 19H et des invités :)

A la veille de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, nous serons dans la cantine de Petit Bain le dimanche 19 novembre 2017 de 15 à 17h pour un après-midi de rencontres, de lectures et de musique.
Petit Bain, c’est une salle de concert qui se trouve le long de la Seine, au métro Quai de la Gare (ligne 6), à côté de la piscine flottante Joséphine Baker.
Au menu, concert des jeunes avec des membres du Collectif des Liens Paris (de 15 à 16h précises): les jeunes lisent et chantent leurs textes accompagnés de pascal Bouaziz, Donia Berriri, Thomas Caillou et Lou.
Ce concert sera suivi d’un petit temps de parole(s) pour un point infos (juridique, scolaire, hébergement, etc…), puis un atelier de Hip-Hop ouvert à tous sera proposé par Germain et ses amis ( qui proposeront également un petit morceau de leurs créations), démo de Human Beat Box avec le champion de France.
Ensuite, de 17à 18h les jeunes vous liront les poèmes qu’ils ont écrits et enfin nous danserons tous ensemble sur les morceaux préférés de ces derniers jusqu’à 19h 🙂

Dans les jours à venir nous posterons des photos de nos visites à l’Opéra bastille, à l’Opéra Garnier, de Falstaff que nous sommes allés voir vendredi soir à l’Opéra Bastille ( un grand merci à Nathalie Guilbaud ), de l’atelier Stop Motion que nous avons démarré à la gaité Lyrique et grâce auquel nous créons un film d’animation, de la lettre que nous avons écrite à Tiken jah Fakoly dans l’espoir de le rencontrer, de la chorégraphie des jeunes de l’ASMIE en cours et du concert de Youssou N’Dour que nous allons voir à Bercy samedi prochain (avec loge VIP!) 🙂
bref, les activités continuent !!!!!

Si vous souhaitez faire des dons, nous sommes toujours en demande:
– ordinateurs portables,
– fournitures scolaires ( agendas, cahiers grands formats, stylos, lutins pour ranger les documents, etc…),
– sacs à dos,
– baskettes (du 40 au 46)
– manteaux d’hiver
– sacs de couchage,
– sous-vêtements garçon et chaussettes chaudes du S au L
– et enfin des tickets de métro en nombre…
Si vous pouvez aider, merci de déposer ce que vous pouvez donner à la Maison des Associations du 3ème, 5 rue Pérrée, au nom de l’ASMIE, aux horaires d’ouvertures .

Pour finir, suite au gel des contrats aidés, le 3ème café et la Petite Rockette, qui sont deux de nos lieux ressources voient leur fonctionnement mis à mal alors n’hésitez pas à aller sur leurs sites pour signer les pétitions en cours !
merci pour eux, c’est important et votre signature très utile 🙂

…Et la Lettre de l’ASMIE à Brigitte Macron est également toujours en attente de vos signatures ( qui commencent à affluer), vous la retrouvez un peu plus bas sur le blog…

A très bientôt ( dimanche ?!) :)))

CONCERT DE SOUTIEN LE 29 SEPTEMBRE

Le vendredi 29 SEPTEMBRE Pascal Bouaziz et le Collectif des Liens Paris organisent un atelier d’écriture musicale ( avec cette fois-ci Donia Berriri et Thomas Caillou) suivi d’un concert ouvert à tous, avec entrée à prix libre au profit de l’ASMIE.
Le concert est à partir de 20h jusqu’à 22h
à la Maison des Associations du 3eme
5 rue Perrée
75003 Paris
En face du Carreau du Temple, derrière la Mairie du 3eme.

A cette occasion, nous lançons un nouvelle appel pour récupérer:
-des ordinateurs portables ( meme vieux ou à réparer)
-des sacs à dos d’école
-des agenda 2017/2018 ( avec use page par jour)
-des calculatrices college
– des cahiers
– des stylos
– des lutins
– des trousses
– des feuilles
– des kits d’hygiene ( brosse à dent, gel douche, shampoing, crème pour le corps, etc…)
– des sous vetements garçons du S au L
– des chaussettes
– des chaussures ( du 40 au 46)
– des bandes dessinées
-des tickets de métro

TOUS vos don peuvent etre déposés à la Maisom des Associations au nom de L’ASMIE, à ses horaires d’ouverture.

D’avance merci 🙂

LETTRE ENVOYÉE À Mme MACRON JUIN 2017

Nous avons envoyé cette lettre à Mme Macron et nous cherchons des co-signataires.

Merci aux structures et aux professionnels qui le désirent de nous contacter afin que, si rendez-vous il y a, nous puissions y aller en délégation avec les jeunes et vos signatures.

 

Association ASMIE – Solidarité avec les Mineurs Isolés Etrangers
72 rue Vieille du Temple
75003 Paris
Tel: 0623861926
https://asmieblog.wordpress.com/
mail: nsenikies@yahoo.fr

A l’attention de Madame Brigitte Macron,
Première Dame de France.

Madame,

Sur les conseils de Madame Monique Boury, rencontrée à la Maison des Associations du 3ème arrondissement de Paris où notre association à une salle à disposition deux fois par semaine, je me permets de vous envoyer cette lettre.

Pour Divine, jeune mineure Congolaise, disparue à 16 ans dans les rues de Paris juste après avoir été rejetée par l’Aide Sociale à l’Enfance alors qu’elle avait réussi à fuir un réseau de prostitution.

Pour Thierno, 16 ans, trop fatigué par la rue, disparu depuis trois semaines.

Pour Youssouf, 17 ans et ses yeux qui en disent beaucoup plus que n’importe quel discours… quatre mois de rue à attendre un rendez-vous pour une évaluation sans être mis à l’hôtel – faute de place soit disant!, hospitalisé suite à cette mise à la rue, ayant connu sur le trajet migratoire l’emprisonnement en Lybie et la torture, ayant vu son frère mourir près de lui et n’arrivant plus à dormir depuis, en attente alors même qu’il est détenteur d’un passeport…

Pour Habib, toujours souriant, rejeté lui aussi, nié et traité de menteur alors même que nous avons retrouvé des images de lui sur un bateau de sauvetage de MSF en Méditerranée
.
Pour Ousmane, 14 ans et demi, à qui on refuse toujours l’école malgré sa prise en charge récente, après des mois perdus à attendre une explication et un foyer, traîné de chambres d’hôtels sordides avec pour tout repas un sandwich en chambres d’hôtel où il était le seul mineur, abandonné, sans éducateur.

Pour Lassina qui a perdu le sommeil et la foi à tout juste 16 ans, à qui le DEMIE à dit qu’il mentait et avait dû venir en avion en France alors même que nous avons envoyé une photo de lui au cabinet de Mme Versini le montrant sur le bateau de sauvetage Italien qui lui a sauvé la vie.

Pour Momo, 16 ans, qui dort entre la place de la République et le bois de Vincennes, dans une tente qu’on lui a donné. Dans la tente, pour éviter les viols, il faut dormir à tour de rôle et trouver quelqu’un de confiance.
Plus personne ne veut de tente…et nous sommes à Paris, en France…
Pour Fatou, 15 ans, violée sur le trajet alors qu’elle fuyait un mariage forcé en Côte d’Ivoire, qui attend toujours la réponse du DEMIE et qui risque d’un jour à l’autre, sans explications et en général à 20h et sans manger, de se retrouver à la rue.

Pour Baba, 17 ans, qu’un juge fait attendre depuis plus de 10 mois, l’empêchant ainsi de continuer ses études alors qu’il a son certificat d’études en poche et un passeport et qui le laisse à la rue en attendant on ne sait quoi. Baba, qui pleure encore en nous racontant son trajet sur ce bateau pneumatique, au milieu des morts et du vomi.

Pour Ibrahima, 16 ans, à la rue avec un bras cassé, puis pris en charge par l’ASE qui n’a même pas envoyé un éducateur à son chevet alors qu’il devait se faire opérer suite à des complications et pour qui les infirmières de l’hôpital se sont battues pour que quelqu’un vienne au moins le chercher et signe ses papiers…
Ibrahima, qui en plein hiver avait ensuite trois broches dans le bras, ne pouvant s’habiller et qui était seul à l’hôtel, en débardeur, sans rien à manger.
Ibrahima, qui suite à une longue bataille en plus de ses problèmes de santé et psychologiques (c’est écrit dans le refus ASE…), s’est vu contraint de passer des tests osseux qui se sont avérés mauvais pour lui, et qui aujourd’hui se retrouve à grossir les rangs des mineurs scolarisés mais à la rue.
Malgré tout, Ibrahima reste un des premiers de sa classe…

Pour Mamadou, qui alors qu’il avait raconté son parcours à la Croix-Rouge (DEMIE) lors de son évaluation, s’est vu remettre une lettre de refus dans laquelle l’histoire écrite n’avait rien à voir avec ce qu’il avait raconté.

Pour Sambry, qui a croupi une année entière dans le fin fond du Val de Marne, sans jamais voir d’éducateur, attendant une scolarisation qui n’est jamais arrivée, se voyant aujourd’hui majeur sans papiers et sans formation aucune, à la rue.

Pour Djeneba, 15 ans, qui a fui du jour au lendemain son pays alors que son père avait décidé de lui faire épouser un « ami » de 65 ans, alors qu’elle allait à l’école, était brillante et a dû laisser sa petite sœur de 14 ans à qui on réserve le même sort. Mise à la rue par le DEMIE, c’est un homme sans domicile qui l’a protégée et nourrie. Grâce à Rémi, 40 ans, vivant dans le métro à Gare du Nord, cette enfant a été épargnée par le viol et les trafics qui l’auraient happée sans aucun doute.

Pour Raphaël, qui après avoir effectué son parcours migratoire avec les réfugiés Syriens, atteint de tuberculose sévère, hospitalisé 6 mois en France alors qu’il était à la rue dans notre belle capitale, a mis un an pour avoir la chance de voir un juge, refusé par le DEMIE et attend aujourd’hui, à 17 ans avec l’espoir d’aller à l’école et la peur de ne pas trouver de place avant sa majorité, attend toujours de rencontrer un éducateur…

Pour Aziz, Haruna, Marthe, Nansy, Junior, Moussa, Banaré , et tous ceux dont le temps est suspendu aux résultats des tests osseux qu’on leur a imposés, alors même que ces tests sont décriés par des médecins et jugés indignes et non fiables.

Pour Hadja, 16 ans, que ses yeux font souffrir et qui a enfin obtenu un rendez-vous médical dans 2 mois alors que depuis son arrivée elle ne voit pratiquement rien, souffre en silence et a des yeux gonflés comme des balles de ping-pong.

Pour Mohamed, Aboubacar, Karim, Mawa, Abdoulaye, Alassane, Babacar, Bakary, Basery, Yves-Cédric, Daniel, Facely, Fawad, Fodié, Franck, Franckz,Gouné, Hadi, Hossein, Ibrahim, Issouf, Youssouf, Joël, Shaba, Kourouma, Lassiné, Madiou, Malik, Modou, Lamine, Moty,Oumar, Prince, Souleimane, Tidiane, et tous les autres , enfants bien réels, et tous ceux que nous rencontrerons demain.

Pour tous ces jeunes, nous vous envoyons cette lettre, accompagnée de questions auxquelles nous espérons avoir des réponses de votre part :

✓ Que fait-on de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ?
✓ Quel futur, pour tous ces jeunes qui ne demandent qu’à aller à l’école, celle de la République, gratuite et laïque, alors même qu’aujourd’hui l’ASE propose à certains des jeunes pris en charge les cours non diplômants donné par APRELIS, qui, en plus de ne les mener nulle part coûtent cher à la collectivité…?
✓ Laisserons-nous les réseaux et trafics en tous genres les happer, en fermant les yeux, faisant d’eux de futurs esclaves sans papiers, corvéables à merci et sans aucuns droits à part celui de survivre ?
✓ Ne tiendrons-nous donc jamais compte de la souffrance psychologique et de la violence permanente dont ces jeunes sont victimes et à laquelle l’Etat Français participe en leur refusant tous droits ?
✓ Quels adultes allons-nous créer ?
✓ Quel futur ?
✓ Sans soutien psychologique ni intégration, sans éducation ni protection, comment ces jeunes vont-ils évoluer et se construire ?
✓ Que deviendront les enfants de ces enfants ?
✓ Allons-nous oublier la France-Terre-d‘Accueil, des Droits de l’Homme, de la diversité culturelle, intellectuelle et ethnique qui a fait de nous tous ce que nous sommes aujourd’hui ?
✓ Ce pays n’est-il pas capable d’intégrer et laisser grandir en son sein 3 ou 4 mille jeunes sur tout le territoire, alors même que sa population est vieillissante et que certains corps de métiers manquent de main d’œuvre ?
✓ Où est la Dignité ?

Afin de pouvoir en discuter avec vous, nous souhaiterions obtenir de votre part un rendez-vous avec une délégation de jeunes de l’association.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, veuillez recevoir, Madame, nos salutations les meilleures.

Nathalie Senikies pour l’ASMIE