Collecte de Vêtements en partenariat avec l’association You Are à La Sorbonne le 8 décembre prochain et résumé de ce qu’est l’ASMIE, ce qu’on y fait, etc…

De 14 à 18h venez apporter les vêtements chauds que vous ne portez plus!

pour en savoir plus : allez donc jeter un oeil sur la page Facebook de You Are 🙂

Afin d’expliquer l’ASMIE à ceux qui auront envie de donner, nous avons fait un texte récapitulatif de ce qu’est l’association et pourquoi elle existe, merci à vous de le lire aussi :

Le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant est adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Cette convention est signée et ratifiée par la France, mais en 2017 elle semble en réalité ignorée pour les Mineurs Isolés Etrangers Partout en France, des Conseils Départementaux auxquels la loi confie la protection de l’ensemble des mineur.e.s en danger (enfants âgés de moins de 18 ans), expriment, clairement ou non, leur réticence à prendre en charge les jeunes isolés étrangers qu’ils soient mineurs ou tout juste majeurs.
À Paris, la situation est tout aussi catastrophique. Des centaines de mineurs, au prétexte de doutes sur leur minorité, sont chaque année rejetés à la rue, parfois même sans avoir été reçus en entretien par le Demie (Dispositif d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers).
À la merci de tous les dangers, ils courent aussi le risque d’abonder les trafics humains que nul ne peut ignorer.
Pour nombre de ces jeunes: pas de visibilité, pas d’accès aux soins, pas d’accès à l’aide sociale à l’enfance, pas à manger, pas de toit, pas d’école et donc pas d’avenir…pas non plus de possibilité de rencontrer d’autres jeunes ici et de sortir de leur isolement.
Cette politique de rupture avec la CIDE et en violation de nombreuses dispositions des lois françaises, les exclue d’un droit protecteur à la santé, aux services sociaux, à l’école publique. Ils sont ainsi exposés à l’errance, aux conditions indignes de survie à la rue, et à ses dangers sanitaires, psychologiques, physiques et sociaux.
Le choix de les disséminer régulièrement en grande banlieue à la faveur d’évacuations ou de les envoyer croupir en province sans formation quand ils sont pris en charge, en payant des hôtels sordides dans l’attente de leur majorité, ne peut masquer la réalité. C’est indigne de notre pays, indigne de Paris.

Forte de ce constat, l’ASMIE , association de solidarité avec les mineurs isolés étrangers, existe officiellement depuis le mois d’Août 2016.

l’ASMIE ( solidarité mineurs isolés) existe officiellement depuis le mois d’Août 2016.

Aujourd’hui, ce sont 8 bénévoles et un noyau d’une soixantaine de jeunes qui ont entre 14 et 18 ans.
En l’espace de même pas un an et demi, nous avons partagé le quotidien de plus de 150 jeunes dont nous avons toujours des nouvelles, où qu’ils soient et quelle que soit leur situation actuelle.
Les jeunes sont tous adhérents à l’association, qui est faite par eux et pour eux.
Toutes les décisions prises le sont en totale concertation entre tous les adhérents, le président est un jeune fraîchement devenu majeur et deux permanencières de l’ADJIE font partie du bureau.

les bénévoles sont tous des professionnels ( un professeur de français à la retraite, une éducatrice , un dramaturge, une plasticienne) ou sont des étudiants qui ont déjà été bénévoles dans différentes structures associatives.

La Fondation de France nous aide cette année au montage financier de trois de nos projets ( photo, cuisine, atelier intergénérationnel).

Nous proposons différents cours et ateliers tous les jours dans quatre lieux qui nous accueillent à l’année ( la Petite Rockette, la Ressourcerie de Belleville, la Maison des associations du 3ème et la Gaité lyrique ).
Nous menons des ateliers de théâtre, d’art plastique, de cuisine, des cours de français, de mathématique et d’informatique, de culture générale, un projet photos/écriture sur le parcours universel d’un jeune mineur arrivé à Paris, un projet intergénérationnel mêlant écriture et art plastique mené avec des retraités, des collégiens et des jeunes de l’association sur le thème de l’Identité-la Mémoire- et l’Autre, un accès à des ordinateurs, etc…
Nous passons avec les jeunes dans les établissements scolaires interéssé pour organiser des débats et des échanges entre jeunes d’ici et jeunes mineurs isolés, pour favoriser la rencontre, les questions ( de part et d’autre), l’échange et la solidarité.
La prochaine rencontre aura lieu en décembre dans un amphithéâtre de La Sorbonne , pour parler de le situation aux étudiants avec l’aide de l’association Sorbonne Solidaire.
d’autres projets sont en train de naître, toujours en fonction des demandes effectuées par les jeunes.
Nous organisons également des sorties à travers Paris pour mieux connaître la ville et ses quartiers, des pique-niques qui sont l’occasion d’aller dans le bois de vincennes ou le long des quais avec une carte de la ville en main pour trouver les monuments, se repérer, savoir se rendre partout en métro, etc…
Les jeunes sont régulièrement tenus informés des lois, de leurs droits, du parcours juridique auquel ils vont avoir à faire, de la bataille à mener pour la scolarité… Nous avons participé à de nombreuses manifestations…
En organisant des soirées de soutien qui permettent de récolter des fonds, les jeunes sont partie prenante de la lutte qu’ils doivent mener en groupe, unis .
L’argent récolté sert à payer les papiers demandés par les juges pour justifier de leur minorité ( une demande de passeport auprès des ambassades coûte environ 130€…), pouvoir acheter des cartes de téléphone, se faire envoyer des documents quand c’est possible, etc…

Ensemble, nous avons créés tout un réseau qui nous permet de bénéficier de nombreuses invitations ( spectacles, concerts, Visites de lieux culturels, Opéra…).
Nous sommes également au champ social de la Villette et du centre Pompidou.
l’ASMIE est en partenariat avec la Gaité lyrique entre autre concernant un atelier Stop Motion à l’année pour créer un film d’animation autour d’un texte écrit par un jeune de l’association, Nathalie Guilbaud de l’Opéra de Paris nous propose des invitations à des opéras et ballet tout au long de la saison 2017/2018 ainsi qu’un atelier d’écriture autour de Don Quichotte avec Sophie Ducet , les jeunes vont aller voir des répétitions, ont déjà visités Garnier et l’Opéra bastille, vu les ateliers de décor de sculptures, etc…
Un concert et une soirée poésie ont pu voir le jour grâce au Collectif des Liens Paris , suite à des ateliers menés à la MDA du 3ème avec les jeunes.
la Petite Rockette , en plus de nous accueillir pour l’atelier cuisine et les cours de français , d’informatique et de maths, habille tous les jeunes et nous fournit chaussures, fournitures scolaires, livres, téléphones, etc…
Nous allons également organiser des collectes à la faculté de La Sorbonne dès le mois prochain.
l’Atelier 13/16 du centre Pompidou à Paris accueille très régulièrement les jeunes et leur propose différentes activités artistiques et visites d’expositions en plus des rencontres avec des professionnels .
Les jeunes sont en train de répéter une chorégraphie qu’ils ont inventés qui sera bientôt filmée, ils ont monté leur chaine youtube et interviewent tout un tas de gens ( ASMIE TV), et la page Facebook comme le blog sont tenues à jour régulièrement avec photos à l’appui.

Nous avons un lien précieux avec l’ADJIE où tous les jeunes de l’association sont suivis et où nous allons tous les samedis lors de la permanence juridique, et sommes également en contact avec leur permanence scolarité.
Nous avons aussi des liens avec des assistantes sociales dans les pass hospitalières pour que les jeunes puissent être soignés.
des éducateurs nous envoient de plus en plus des jeunes, pris en charge par l’ASE à qui ils n’ont rien à proposer et nous sommes en contact avec des travailleurs sociaux.
Des avocates nous envoient aussi des jeunes, quand ces jeunes sont à la rue , rejetés par les juges…
la GareXP , l’association Cronos et la Petite Rockette ( la Troquette) nous ont aidés en organisant des soirées de soutien, feu le Stendhal Parmentier nous à accueilli toute l’année dernière( la journée internationale des droits de l’enfant 2016 s’est déroulée chez eux) , la Maison des associations du 3eme nous permet d’organiser des rencontres et de mener nos ateliers d’écriture, de théâtre et d’art plastique et le 3eme café (restaurant associatif) donne régulièrement à manger aux jeunes de l’association qui sont à la rue.

Les ateliers et les cours visent à permettre à ces jeunes d’intégrer l’école en parallèle de leur parcours juridique pour être accepté en tant que mineurs … malheureusement l’école, comme la formation en générale devient de plus en plus inaccessible , même pour ceux pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance…
Ces rencontres quotidiennes sont aussi une aide à l’insertion dans la société française et à sa compréhension, une ouverture d’esprit qu’ils acquièrent et qui brise les préjugés ( et c’est aussi valable pour le public extérieur qui participe avec eux à des ateliers), servent à rompre l’isolement dont ils sont victimes de part leur situation, et génèrent une base culturelle qui leur permet de s’évader, de comprendre le monde occidental, d’échanger sur leur culture et leur problématiques, d’apprendre leurs droits, et d’aller vers l’autonomie ( savoir cuisiner, mais aussi lire et écrire, parler en public, connaître l’histoire de l’art, etc…) et la liberté (de choix, de parole, etc…).
Se reconstruire, retrouver l’image de soi, se sentir fier de ce que l’on est et sortir de l’image d’invisible ou de menteur qu’on leur colle dès la phase d’évaluation obligatoire à l’arrivée en France.
L’échange nous permet aussi à nous, bénévoles, de comprendre mieux la situation politique et géopolitique de leurs pays .
Ces rencontres/ateliers sont aussi l’occasion de permettre à ces jeunes de se poser, de pouvoir parler de leur parcours et de pouvoir être orientés au mieux vers des professionnels de santé –physique et morale.
Enfin, ces ateliers/projets leurs permettent d’être considéré comme existant et acteur de leur propre vie.

Tout ce que nous faisons ensemble au sein de l’ASMIE vise à redonner confiance en eux et en un potentiel avenir à ces enfants , constamment niés et rabaissés depuis leur arrivée en Europe, et laissés livrés à eux même sans aucunes explications concernant les codes, les us et les règles de nos sociétés dites modernes.
et sans aucunes idées de leurs droits et de ce qui va se passer demain…
ces jeunes sont en demande d’apprendre , ont traversé le pire pour arriver jusqu’à nous pensant alors avoir accès à un avenir, et lorsque l’on constate que de nombreuses classes d’accueil ne sont pas remplies et que des lycées d’apprentissages professionnels ont également des classes à moitié vides, nous sommes en droit de nous poser des questions (pour les 20% de jeunes pris en charge par l’ASE)…
De plus, nos enfants, éduqués dans une société individualiste et de sur-consommation et qui partagent le Futur avec tous ces jeunes , ont beaucoup à apprendre d’eux.

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Après-midi de rencontre(s), Lectures et musique avec les jeunes de l’ASMIE le dimanche 19 novembre 2017 à Petit Bain de 15 à 19H et des invités :)

A la veille de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, nous serons dans la cantine de Petit Bain le dimanche 19 novembre 2017 de 15 à 17h pour un après-midi de rencontres, de lectures et de musique.
Petit Bain, c’est une salle de concert qui se trouve le long de la Seine, au métro Quai de la Gare (ligne 6), à côté de la piscine flottante Joséphine Baker.
Au menu, concert des jeunes avec des membres du Collectif des Liens Paris (de 15 à 16h précises): les jeunes lisent et chantent leurs textes accompagnés de pascal Bouaziz, Donia Berriri, Thomas Caillou et Lou.
Ce concert sera suivi d’un petit temps de parole(s) pour un point infos (juridique, scolaire, hébergement, etc…), puis un atelier de Hip-Hop ouvert à tous sera proposé par Germain et ses amis ( qui proposeront également un petit morceau de leurs créations), démo de Human Beat Box avec le champion de France.
Ensuite, de 17à 18h les jeunes vous liront les poèmes qu’ils ont écrits et enfin nous danserons tous ensemble sur les morceaux préférés de ces derniers jusqu’à 19h 🙂

Dans les jours à venir nous posterons des photos de nos visites à l’Opéra bastille, à l’Opéra Garnier, de Falstaff que nous sommes allés voir vendredi soir à l’Opéra Bastille ( un grand merci à Nathalie Guilbaud ), de l’atelier Stop Motion que nous avons démarré à la gaité Lyrique et grâce auquel nous créons un film d’animation, de la lettre que nous avons écrite à Tiken jah Fakoly dans l’espoir de le rencontrer, de la chorégraphie des jeunes de l’ASMIE en cours et du concert de Youssou N’Dour que nous allons voir à Bercy samedi prochain (avec loge VIP!) 🙂
bref, les activités continuent !!!!!

Si vous souhaitez faire des dons, nous sommes toujours en demande:
– ordinateurs portables,
– fournitures scolaires ( agendas, cahiers grands formats, stylos, lutins pour ranger les documents, etc…),
– sacs à dos,
– baskettes (du 40 au 46)
– manteaux d’hiver
– sacs de couchage,
– sous-vêtements garçon et chaussettes chaudes du S au L
– et enfin des tickets de métro en nombre…
Si vous pouvez aider, merci de déposer ce que vous pouvez donner à la Maison des Associations du 3ème, 5 rue Pérrée, au nom de l’ASMIE, aux horaires d’ouvertures .

Pour finir, suite au gel des contrats aidés, le 3ème café et la Petite Rockette, qui sont deux de nos lieux ressources voient leur fonctionnement mis à mal alors n’hésitez pas à aller sur leurs sites pour signer les pétitions en cours !
merci pour eux, c’est important et votre signature très utile 🙂

…Et la Lettre de l’ASMIE à Brigitte Macron est également toujours en attente de vos signatures ( qui commencent à affluer), vous la retrouvez un peu plus bas sur le blog…

A très bientôt ( dimanche ?!) :)))

CONCERT DE SOUTIEN LE 29 SEPTEMBRE

Le vendredi 29 SEPTEMBRE Pascal Bouaziz et le Collectif des Liens Paris organisent un atelier d’écriture musicale ( avec cette fois-ci Donia Berriri et Thomas Caillou) suivi d’un concert ouvert à tous, avec entrée à prix libre au profit de l’ASMIE.
Le concert est à partir de 20h jusqu’à 22h
à la Maison des Associations du 3eme
5 rue Perrée
75003 Paris
En face du Carreau du Temple, derrière la Mairie du 3eme.

A cette occasion, nous lançons un nouvelle appel pour récupérer:
-des ordinateurs portables ( meme vieux ou à réparer)
-des sacs à dos d’école
-des agenda 2017/2018 ( avec use page par jour)
-des calculatrices college
– des cahiers
– des stylos
– des lutins
– des trousses
– des feuilles
– des kits d’hygiene ( brosse à dent, gel douche, shampoing, crème pour le corps, etc…)
– des sous vetements garçons du S au L
– des chaussettes
– des chaussures ( du 40 au 46)
– des bandes dessinées
-des tickets de métro

TOUS vos don peuvent etre déposés à la Maisom des Associations au nom de L’ASMIE, à ses horaires d’ouverture.

D’avance merci 🙂

LETTRE ENVOYÉE À Mme MACRON JUIN 2017

Nous avons envoyé cette lettre à Mme Macron et nous cherchons des co-signataires.

Merci aux structures et aux professionnels qui le désirent de nous contacter afin que, si rendez-vous il y a, nous puissions y aller en délégation avec les jeunes et vos signatures.

 

Association ASMIE – Solidarité avec les Mineurs Isolés Etrangers
72 rue Vieille du Temple
75003 Paris
Tel: 0623861926
https://asmieblog.wordpress.com/
mail: nsenikies@yahoo.fr

A l’attention de Madame Brigitte Macron,
Première Dame de France.

Madame,

Sur les conseils de Madame Monique Boury, rencontrée à la Maison des Associations du 3ème arrondissement de Paris où notre association à une salle à disposition deux fois par semaine, je me permets de vous envoyer cette lettre.

Pour Divine, jeune mineure Congolaise, disparue à 16 ans dans les rues de Paris juste après avoir été rejetée par l’Aide Sociale à l’Enfance alors qu’elle avait réussi à fuir un réseau de prostitution.

Pour Thierno, 16 ans, trop fatigué par la rue, disparu depuis trois semaines.

Pour Youssouf, 17 ans et ses yeux qui en disent beaucoup plus que n’importe quel discours… quatre mois de rue à attendre un rendez-vous pour une évaluation sans être mis à l’hôtel – faute de place soit disant!, hospitalisé suite à cette mise à la rue, ayant connu sur le trajet migratoire l’emprisonnement en Lybie et la torture, ayant vu son frère mourir près de lui et n’arrivant plus à dormir depuis, en attente alors même qu’il est détenteur d’un passeport…

Pour Habib, toujours souriant, rejeté lui aussi, nié et traité de menteur alors même que nous avons retrouvé des images de lui sur un bateau de sauvetage de MSF en Méditerranée
.
Pour Ousmane, 14 ans et demi, à qui on refuse toujours l’école malgré sa prise en charge récente, après des mois perdus à attendre une explication et un foyer, traîné de chambres d’hôtels sordides avec pour tout repas un sandwich en chambres d’hôtel où il était le seul mineur, abandonné, sans éducateur.

Pour Lassina qui a perdu le sommeil et la foi à tout juste 16 ans, à qui le DEMIE à dit qu’il mentait et avait dû venir en avion en France alors même que nous avons envoyé une photo de lui au cabinet de Mme Versini le montrant sur le bateau de sauvetage Italien qui lui a sauvé la vie.

Pour Momo, 16 ans, qui dort entre la place de la République et le bois de Vincennes, dans une tente qu’on lui a donné. Dans la tente, pour éviter les viols, il faut dormir à tour de rôle et trouver quelqu’un de confiance.
Plus personne ne veut de tente…et nous sommes à Paris, en France…
Pour Fatou, 15 ans, violée sur le trajet alors qu’elle fuyait un mariage forcé en Côte d’Ivoire, qui attend toujours la réponse du DEMIE et qui risque d’un jour à l’autre, sans explications et en général à 20h et sans manger, de se retrouver à la rue.

Pour Baba, 17 ans, qu’un juge fait attendre depuis plus de 10 mois, l’empêchant ainsi de continuer ses études alors qu’il a son certificat d’études en poche et un passeport et qui le laisse à la rue en attendant on ne sait quoi. Baba, qui pleure encore en nous racontant son trajet sur ce bateau pneumatique, au milieu des morts et du vomi.

Pour Ibrahima, 16 ans, à la rue avec un bras cassé, puis pris en charge par l’ASE qui n’a même pas envoyé un éducateur à son chevet alors qu’il devait se faire opérer suite à des complications et pour qui les infirmières de l’hôpital se sont battues pour que quelqu’un vienne au moins le chercher et signe ses papiers…
Ibrahima, qui en plein hiver avait ensuite trois broches dans le bras, ne pouvant s’habiller et qui était seul à l’hôtel, en débardeur, sans rien à manger.
Ibrahima, qui suite à une longue bataille en plus de ses problèmes de santé et psychologiques (c’est écrit dans le refus ASE…), s’est vu contraint de passer des tests osseux qui se sont avérés mauvais pour lui, et qui aujourd’hui se retrouve à grossir les rangs des mineurs scolarisés mais à la rue.
Malgré tout, Ibrahima reste un des premiers de sa classe…

Pour Mamadou, qui alors qu’il avait raconté son parcours à la Croix-Rouge (DEMIE) lors de son évaluation, s’est vu remettre une lettre de refus dans laquelle l’histoire écrite n’avait rien à voir avec ce qu’il avait raconté.

Pour Sambry, qui a croupi une année entière dans le fin fond du Val de Marne, sans jamais voir d’éducateur, attendant une scolarisation qui n’est jamais arrivée, se voyant aujourd’hui majeur sans papiers et sans formation aucune, à la rue.

Pour Djeneba, 15 ans, qui a fui du jour au lendemain son pays alors que son père avait décidé de lui faire épouser un « ami » de 65 ans, alors qu’elle allait à l’école, était brillante et a dû laisser sa petite sœur de 14 ans à qui on réserve le même sort. Mise à la rue par le DEMIE, c’est un homme sans domicile qui l’a protégée et nourrie. Grâce à Rémi, 40 ans, vivant dans le métro à Gare du Nord, cette enfant a été épargnée par le viol et les trafics qui l’auraient happée sans aucun doute.

Pour Raphaël, qui après avoir effectué son parcours migratoire avec les réfugiés Syriens, atteint de tuberculose sévère, hospitalisé 6 mois en France alors qu’il était à la rue dans notre belle capitale, a mis un an pour avoir la chance de voir un juge, refusé par le DEMIE et attend aujourd’hui, à 17 ans avec l’espoir d’aller à l’école et la peur de ne pas trouver de place avant sa majorité, attend toujours de rencontrer un éducateur…

Pour Aziz, Haruna, Marthe, Nansy, Junior, Moussa, Banaré , et tous ceux dont le temps est suspendu aux résultats des tests osseux qu’on leur a imposés, alors même que ces tests sont décriés par des médecins et jugés indignes et non fiables.

Pour Hadja, 16 ans, que ses yeux font souffrir et qui a enfin obtenu un rendez-vous médical dans 2 mois alors que depuis son arrivée elle ne voit pratiquement rien, souffre en silence et a des yeux gonflés comme des balles de ping-pong.

Pour Mohamed, Aboubacar, Karim, Mawa, Abdoulaye, Alassane, Babacar, Bakary, Basery, Yves-Cédric, Daniel, Facely, Fawad, Fodié, Franck, Franckz,Gouné, Hadi, Hossein, Ibrahim, Issouf, Youssouf, Joël, Shaba, Kourouma, Lassiné, Madiou, Malik, Modou, Lamine, Moty,Oumar, Prince, Souleimane, Tidiane, et tous les autres , enfants bien réels, et tous ceux que nous rencontrerons demain.

Pour tous ces jeunes, nous vous envoyons cette lettre, accompagnée de questions auxquelles nous espérons avoir des réponses de votre part :

✓ Que fait-on de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ?
✓ Quel futur, pour tous ces jeunes qui ne demandent qu’à aller à l’école, celle de la République, gratuite et laïque, alors même qu’aujourd’hui l’ASE propose à certains des jeunes pris en charge les cours non diplômants donné par APRELIS, qui, en plus de ne les mener nulle part coûtent cher à la collectivité…?
✓ Laisserons-nous les réseaux et trafics en tous genres les happer, en fermant les yeux, faisant d’eux de futurs esclaves sans papiers, corvéables à merci et sans aucuns droits à part celui de survivre ?
✓ Ne tiendrons-nous donc jamais compte de la souffrance psychologique et de la violence permanente dont ces jeunes sont victimes et à laquelle l’Etat Français participe en leur refusant tous droits ?
✓ Quels adultes allons-nous créer ?
✓ Quel futur ?
✓ Sans soutien psychologique ni intégration, sans éducation ni protection, comment ces jeunes vont-ils évoluer et se construire ?
✓ Que deviendront les enfants de ces enfants ?
✓ Allons-nous oublier la France-Terre-d‘Accueil, des Droits de l’Homme, de la diversité culturelle, intellectuelle et ethnique qui a fait de nous tous ce que nous sommes aujourd’hui ?
✓ Ce pays n’est-il pas capable d’intégrer et laisser grandir en son sein 3 ou 4 mille jeunes sur tout le territoire, alors même que sa population est vieillissante et que certains corps de métiers manquent de main d’œuvre ?
✓ Où est la Dignité ?

Afin de pouvoir en discuter avec vous, nous souhaiterions obtenir de votre part un rendez-vous avec une délégation de jeunes de l’association.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, veuillez recevoir, Madame, nos salutations les meilleures.

Nathalie Senikies pour l’ASMIE

C’EST LA RENTREE!!!!! SEPTEMBRE 2017

Tout d’abord, L’ASMIE tient a remercier chalereusement les étudiants de l’Université de Yale et l’association « No Lost Generation » pour la collect de fonds qu’ils nous ont fait parvenir.
Nous esperons bientot démarrer des séances d’échanges linguistique et culturelle avec eux via Skype à la Gaité Lyrique.
Hier samedi 9 septembre, nous avons tenu un stand au Forum des Association du 3eme.
Aujourd’hui nous allons voir 2 spectacles dans le cadre du festival des Traversées du Marais.
Par le Collectif des Liens, nous avons rencontré la musicienne et chanteuse Donia Berriri qui propose un atelier d’écriture de chanson survi d’un concert impromptu le vendredi 29 septembre prochain à la Maison des Association du 3 eme.
Le démarrage de l’atelier que nous a proposé le Musée des Arts et Métiers se fera à la fin du mois et à la Gaité Lyrique l’atelier stop motion du vendredi débute la semaine prochaine.
L’Asmie a repris toutes ses activités:
le lundi cour de cuisine cour de francais
Le mardi atelier échanges de savoir et francais
Le mercredi atelier arts plastique intergenerationelle et theatre
Le jeudi francais et mathematiques
Le vendredi stop motion à la Gaité Lyrique et ensuite géo- politique ou arts plastiques
En plus de ces ateliers nous allons mettre en place des cours d’informatiques et d’anglais.
Tous nos partinariats et nos sorties culturelles continues également ( concert week-end prochain, expos, etc…)
Un des jeunes de l’association a été inscrit TOUS les lundis soir à des cours de chant.
Un grand merci à Delphine et à toute l’équipe de la petite Rockette, à la Ressourcerie de Belleville et à Marie, à Yolaine et Jérémy de la Maison des Associations du 3 eme, à Irène et à la Gaité Lyrique et à Laurence Kassovitz.
Bienvenue à Johanna dans l’équipe de bénévoles de l’association.
Et nous attendons Charles avec impatience 😉

Un grand merci à Anne et à la Fondation de France, pour leur aide précieuse, qui va nous permettre de mener à bien certains de nos ateliers.

CET ETE AVEC L’ASMIE :)

Fin juin, nous avons été voir la battle de hip-hop du festival Paris Hip-Hop à la Gaité Lyrique et l’exposition autour de Van Gogh dans la Grande Halle de la Villette.
Nous avons fêté la fin du Ramadan en pique-niquant à la Villette.
En juillet, nous avons participé à un festival de graffiti et à de la danse de rue lors d’un week-end à la Marie du 3eme.
Les jeunes ont été inscrit à 3 jours de stage avec des professionnels du hip-hop au WIP de la Villette.
Tous les matins de 10h30 à 13h30: 5 jurys, 5 differents types de danse, puis cours collectifs!
Youssouf a osé!!!! Il l’a fait et s’est fait applaudir par toute l’équipe et le public :))))
En plus de nombreux pique-nique et du foot improvisé, nous sommes allés à la piscine!
Nous avons réussi à trouver des maillots pour 25jeunes.
Pour nombre d’entre eux, c’était la premiere fois. Depuis, ils savent tous nager, n’ont plus peur de l’eau, et peuvent y retourner tout seuls en petit groupe.
Nous avons ensuite été plusieurs fois en groupe de 15 à Paris plage Stalingrad faire du pédalo, du baby-foot, certains ont tenté la tyrolienne…
Nous avons été 15 à aller au planetarium de la Cité des Sciences, et à voir les expositions dans les galeries. Les jeunes ont adoré cette sortie et veulent y retourner plus nombreux.
Nous avons construit du 20 au 28 juillet la Ville Ephemère avec Olivier Grossetête. Plusieurs jeunes de L’ASMIE etaient « Ambassadeur », avec un joli t-shirt rose:)
Nous avons également vu l’exposition Jamaica Jamaica et visité le Philarmonique.
Nous mettrons plus tard des photos de toutes ces activités 🙂
Nous avons fait une croisiere sur le Canal de l’Ourc, pour aller en balade à Bobigny, faire du graff, du yoga et danser.
Avec la petite Rockette, 4 jeunes ont participé à un atelier vélo.
Tous les ateliers de L’ASMIE (cuisine, francais, theatre et arts plastiques) ont continué jusqu’à fin juillet en plus des sorties.

En Aout, les jeunes ont visité des avions au Musée du Bourget, se sont balladés le long de la Seine plusieurs fois, ont nagé, certains ont pu recevoir un ordinateur portable, ils ont participé à des cours de danse de rue, fait des ballades, etc…
La dernière semaine d’Aout, tous les après-midi, Bruno a proposé aux jeunes un atelier théâtre à la Maison des Associations du 3eme.

TOUS SUR LE CANAL, PLACE DE LA ROTONDE À STALIGRAD LE 20 JUIN 2017!!!

Dans le cadre de la journée mondiale des migrants, rejoignez- nous le 20 juin prochain à partir de 15h sur le canal, place de la rotonde pour fabriquer des bateaux en papier en hommage aux morts en mer.

Nous aurons un stand sous tente, les jeunes prendront la parole sur scène, il y aura des concerts et des projections jusqu’à 22h.

Venez nombreux, et come toujours n’hésitez pas à faire tourner et ramener vos potes!!! 😉

Un grand merci à Emily Loizeau, Sarah et toute l’équipe 🙂

Lien Facebook : po.st/FaisTonBateau

ASMIE RETOURS SUR EXPLICATIONS – MAI 2017

Le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant est adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Cette convention est signée et ratifiée par la France, mais en 2017 elle semble en réalité ignorée pour les Mineurs Isolés Etrangers Partout en France, des Conseils Départementaux auxquels la loi confie la protection de l’ensemble des mineur.e.s en danger (enfants âgés de moins de 18 ans), expriment, clairement ou non, leur réticence à prendre en charge les jeunes isolés étrangers qu’ils soient mineurs ou tout juste majeurs.
À Paris, la situation est tout aussi catastrophique. Des centaines de mineurs, au prétexte de doutes sur leur minorité, sont chaque année rejetés à la rue, parfois même sans avoir été reçus en entretien par le Demie (Dispositif d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers).
À la merci de tous les dangers, ils courent aussi le risque d’abonder les trafics humains que nul ne peut ignorer.
Pour nombre de ces jeunes: pas de visibilité, pas d’accès aux soins, pas d’accès à l’aide sociale à l’enfance, pas à manger, pas de toit, pas d’école et donc pas d’avenir…pas non plus de possibilité de rencontrer d’autres jeunes ici et de sortir de leur isolement.
Cette politique de rupture avec la CIDE et en violation de nombreuses dispositions des lois françaises, les exclue d’un droit protecteur à la santé, aux services sociaux, à l’école publique. Ils sont ainsi exposés à l’errance, aux conditions indignes de survie à la rue, et à ses dangers sanitaires, psychologiques, physiques et sociaux.
Le choix de les disséminer régulièrement en grande banlieue à la faveur d’évacuations ne peut masquer la réalité. C’est indigne de notre pays, indigne de Paris.

Forte de ce constat, l’ASMIE , association de solidarité avec les mineurs isolés étrangers, existe officiellement depuis le mois d’Août 2016.

Aujourd’hui, ce sont 8 bénévoles et un noyau d’une cinquantaine de jeunes qui ont entre 14 et 18 ans.
Les jeunes sont tous adhérents à l’associations, qui est faite par eux et pour eux.
Toutes les décisions prises le sont en totale concertation avec ces jeunes et le bureau constitué de deux permanencières de l’ADJIE, d’une travailleuse sociale et d’une plasticienne.

les bénévoles sont tous des professionnels ( une professeur de français à la retraite, une éducatrice , un dramaturge et une plastifienne) qui ont déjà été bénévoles dans différentes structures associatives.

Nous proposons différents cours et ateliers dans quatre lieux qui nous accueillent régulièrement à l’année ( la Petite Rockette, le Stendhal Parmentier, la Maison des associations du 3ème et la Gaité lyrique depuis peu).
Nous menons des ateliers de théâtre, d’art plastique,de cuisine, bientôt du soutien scolaire pour ceux scolarisés, des cours de français et de mathématique, de culture générale,un projet photos/écriture sur le parcours universel d’un jeune mineur arrivé à Paris, un projet intergénérationnel mêlant écriture et art plastique mené avec des retraités, des collégiens et des jeunes de l’association sur le thème de l’Identité-la Mémoire- et l’Autre, bientôt des cours de langues, un accès à des ordinateurs, et un lien via Skype avec des étudiants de l’université de Yale aux USA.
Nous passons avec les jeunes dans les établissements scolaires interéssés pour organiser des débats et des échanges entre jeunes d’ici et jeunes mineurs isolés pour favoriser la rencontre, les questions ( de part et d’autre), l’échange et la solidarité.
d’autres projets sont en train de naître, toujours en fonction des demandes effectuées par les jeunes.
Nous avons tous les jours une activité proposée, sans compter les sorties culturelles:
Nous sommes au champ social de la Villette et du centre Pompidou.
Nous avons un partenariat avec la Gaité lyrique ( récent: nous sommes donc en train de mettre sur pieds différentes interactions avec le public du centre de ressources…), la Petite Rockette , qui en plus de nous accueillir pour l’atelier cuisine et le cours de français tous les lundis soirs, habille tous les jeunes que nous envoyons sur place et nous fournit des fournitures scolaires, des livres, etc…
l’Atelier 13/16 du centre Pompidou à Paris accueille très régulièrement les jeunes et leur présente des professionnels, l’association Cronos nous organise une soirée de soutien le 20 mai prochain.
Nous sommes en contact permanent avec Medecin du Monde, le Stendhal pour récupérer des invendus alimentaires, la GareXP nous soutien, la Maison des associations du 3eme nous permet d’organiser des rencontres et le 3eme café (restaurant associatif) donne régulièrement à manger à des jeunes que nous suivons, ainsi que des petits cours de cuisine le soir.
Nous organisons également des sorties à travers Paris pour mieux connaître la ville et ses quartiers, des pique-niques qui sont l’occasion d’aller dans les bois de vincennes ou le long des quais avec une carte de la ville en main pour trouver les monuments, se repérer…
Nous avons un lien précieux avec l’ADJIE où tous les jeunes de l’association sont suivis et où nous allons tous les samedis lors de la permanence juridique, et sommes également en contact avec leur permanence scolarité.
Nous connaissons aussi des avocates au tribunal de Créteil, et des travailleurs sociaux sont en contact avec nous.
Renaud Defoville tourne un clip avec nous en ce moment et nous a mis en contact avec le collectif de Dominique A ( le collectif des liens) et nous sommes entrain de voir comment organiser des concerts ensemble pour soutenir l’association et lever des fonds.

Les ateliers et les cours visent à permettre à ces jeunes d’intégrer l’école en parallèle de leur parcours juridique pour être accepté en tant que mineurs …
Ils sont aussi une aide à l’insertion dans la société française et à sa compréhension, une ouverture d’esprit qu’ils acquièrent et qui brise les préjugés ( et c’est aussi valable pour le public extérieur qui participe avec eux à des ateliers), à rompre l’isolement dont ils sont victimes de part leur situation, et une base culturelle qui leur permet de s’évader, de comprendre le monde occidental, d’échanger sur leur culture et leur problématiques, d’apprendre leurs droits, et d’aller vers l’autonomie ( savoir cuisiner, mais aussi lire et écrire, parler en public, connaître l’histoire de l’art, etc…) et la liberté (de choix, de parole, etc…).
L’échange nous permet aussi à nous, bénévoles de comprendre mieux la situation politique et géopolitique de leurs pays .
Ces rencontres/ateliers sont aussi l’occasion de permettre à ces jeunes de se poser, de pouvoir parler de leur parcours et de pouvoir être orientés au mieux vers des professionnels de santé -physique et morale.

A côté de ça, les jeunes sont suivis au niveau juridique par l’ADJIE, et médicalement par Médecin du Monde .
Toutes les choses que nous faisons ensemble visent à redonner confiance en eux et en un potentiel avenir à ces enfants , constamment niés et rabaissés depuis leur arrivée en europe, et laissés livré à eux même sans aucunes explications concernant les codes, les us et les règles de nos sociétés dites modernes.
et sans aucunes idées de leurs droits …
ces jeunes sont en demande d’apprendre et savent que c’est une chance.
l’association leur permet également de rencontrer des professionnels grâce aux ateliers dont nous bénéficions dans différentes structures artistiques et culturelles, d’autres jeunes en allant dans des classes , d’être invités à voir des spectacles de qualité, etc…
En organisant des soirées de soutien qui nous permettent de récolter des fonds, les jeunes sont partie prenante de la lutte qu’ils doivent mener en groupe, unis , pour payer les papiers demandés par les juges pour justifier de leur minorité ( une demande de passeport auprès des ambassades coûte environ 130€…).